C’est pour Jean François BUET, Secrétaire Général de la FNAIM, la seule voie pour régler le problème du logement en France. Il préconise « d’apporter des aides du côté du bailleur, que ce dernier puisse retrouver en gain d’impôts ce qu’il dépense par ailleurs, soit en baisse de loyer parce qu’il consent un loyer intermédiaire ou social soit parce qu’il fait des investissements pour réaliser des économies d’énergie. »

Ce sont effectivement les deux voies qui permettraient de relancer l’offre locative par le biais de l’investissement immobilier socialement responsable. Cela permettra de « remettre sur le marché des logements anciens à des loyers raionnables, des biens qui correspondent à la demande surtout sur les zones tendues ».

Jean François BUET précise ces idées le 2/01/2012 dans un article sur le Cercle des Echos :

« C’est l’investissement locatif dans l’ancien qui règlera tout, et c’est lui qu’il faut d’urgence catalyser. Il présente tous les avantages. D’abord, il constitue une offre mobilisable sur le champs, puisque les logements sont par définition déjà construits, et qu’il s’agit seulement de faire en sorte que des logements ayant une autre destination soient acquis pour être loués, ou que leurs propriétaires actuels en fassent des biens locatifs. Mais surtout, l’ancien est exactement là où l’on a besoin d’une offre locative, au coeur des villes et dans leur périphérie directe.

Comment y parvenir? Aujourd’hui, et ce depuis vingt, la proportion d’achats de logements anciens à destination locative est autour de 10%, 8 les mauvaises années, 12 les bonnes. En somme, le marché locatif urbain et suburbain ne s’enrichit guère que de 60 à 70000 unités par an… Je fais observer quand même que, sans booster fiscal, c’est un abondement supérieur à celui provoqué par les mesures Méhaignerie, Besson, Périssol ou Scellier selon les époques…

Il suffirait d’améliorer l’ordinaire fiscal de l’investissement locatif dans l’ancien, manquant notoirement d’attrait à ce jour, pour éveiller des vocations supplémentaires. Et comme le marketing et la lisibilité ont leur importance, c’est un authentique statut du bailleur privé qu’il faut créer. Au demeurant, puisque la disparition des avantages pour le neuf est programmée, ce statut doit être commun. Ce statut reposerait sur deux piliers: une meilleure reconnaissance des charges d’exploitation des investisseurs, et un contrat aux termes duquel cette reconnaissance varierait selon le dividende social payé par le bailleur. Je veux dire que le propriétaire qui accepterait des loyers minorés par rapport au marché aurait des possibilités de déduction ou d’imputation supérieures.

Bien sûr, cette innovation fiscale devrait être de nature à améliorer l’état du parc locatif privé français, en incitant les bailleurs ou les nouveaux propriétaires locatifs à engager des travaux de rénovation et de mise aux normes énergétiques. On sortirait ainsi d’une situation préjudiciable: les mesures prises il y a deux ans, avec la faculté de faire contribuer le locataire aux investissements énergétiques par une ligne spécifique de sa quittance, se sont révélées inefficaces. C’est sur la prise en charge par le propriétaire, avec un régime fiscal approprié, qu’il faut miser désormais, sans quoi le Grenelle de l’environnement ne se réalisera pas dans l’immobilier locatif ancien.

Bref, le déploiement d’une offre locative pertinente passera par l’ancien, et seulement par l’ancien. Il n’est que temps de le comprendre et d’en créer les conditions sans attendre. »