Alors que le nombre de transactions dans l’ancien diminue fortement et que les dépôts de permis de construire s’effondrent, une baisse des prix de l’immobilier semble se dessiner en 2013.  Quels sont les acteurs qui souhaitent cette baisse et en profiteront ?

L’ETAT

Bien que cela puisse paraître paradoxal, le gouvernement souhaite faire baisser les prix de l’immobilier et des loyers. Cette action part du constat que la bulle immobilière a des conséquences néfastes pour l’économie et la société, à plusieurs niveaux :

–       Creusement des inégalités entre les différentes catégories de la population : locataires et propriétaires

–       Dégradation de la compétitivité des entreprises qui ont du faire face à la fois aux difficultés de leurs salariés pour se loger, et l’intégrer dans leur coût du travail  (mobilité réduite, hausse des salaires pour compenser la hausse des loyers) et à l’augmentation du prix du foncier, détournant une part de leur investissement du capital productif.

–       Etalement urbain suite à la pénurie d’offre dans les centres-villes, avec ses conséquences en matière de pollution et de transports

–       Détournement de l’épargne longue des particuliers de l’entreprise vers l’immobilier

Cependant, une baisse des prix de l’immobilier ne servirait pas à court terme les revenus de l’Etat, avec une baisse des rentrées fiscales (ISF, droit de mutation, …), mais permettrait à moyen terme de rendre du pouvoir d’achat aux Français, ce qui intéresse les gouvernements en cette période d’inflation masquée, de fort chômage et de hausses d’impôts.

LES INVESTISSEURS LOCATIFS

En 2013, il est évident que l’investisseur locatif devra se focaliser uniquement sur la rentabilité. Avec une baisse des prix en perspective, une plus-value à court terme n’est pas envisageable (ni souhaitable aux vues des niveaux de taxation actuels). Si les investisseurs locatifs ont pu par le passé se priver de rentabilité en misant en contrepartie sur un maintien ou une hausse de la valeur de leur bien, cette période est révolue. Les prix de l’immobilier et des loyers sont légèrement corrélés avec un retard de plusieurs mois. La baisse des prix va favoriser une remontée de la rentabilité dans un premier temps, tout en permettant à certains petits investisseurs de se positionner alors qu’ils ne le pouvaient pas auparavant.

LES PRIMO ET SECONDO ACCÉDANTS

Il est évident qu’une baisse des prix de l’immobilier permettra de resolvabiliser une part importante de primo accédants, écartés du marché depuis la fin des aides dans l’ancien, et malgré la baisse des taux.

Pour les secondo accédants qui revendent leur bien pour en acquérir un plus grand, le premier réflexe est de penser qu’une hausse des prix permettra d’acheter un logement plus grand grâce à la revente. Ce raisonnement n’est pas toujours correct, et on peut facilement montrer qu’une baisse des prix est plus profitable pour acheter un bien plus grand (voir article http://www.immobilier-danger.com/Baisse-des-prix-immobiliers-une-298.html).