Le think tank Tera Nova a publié le 22 avril 2104 une étude sur les prix de l’immobilier en France et fait des propositions pour réduire la crise du logement en France. Extraits et morceaux choisis.

SYNTHESE DE LA NOTE SUR LES PRIX DE L’IMMOBILIER

« Les prix immobiliers ont très fortement augmenté en France entre 2000 et 2009, comme dans les autres pays développés. En revanche, depuis 2009, ils sont restés élevés alors qu’ils baissaient chez la plupart de nos voisins. Et les baisses observées depuis 2012, par exemple de – 1,8% en 2013 à Paris, restent modérées sans empêcher les prix de monter encore dans des quartiers ou des villes très recherchés.

 Stratégie pour la baisse des prix de l'immobilier

L’immobilier cher a des conséquences négatives sur l’économie française. Il accentue les pressions salariales et réduit l’épargne qui bénéficierait aux entreprises. Il renforce les inégalités entre les ménages, en fonction du revenu et de l’âge. Il soutient l’étalement urbain en poussant les ménages modestes à s’éloigner des centres villes.

 

L’évolution particulière des prix immobiliers français s’explique par des conditions financières favorables, une démographie dynamique, une préférence sociologique pour le logement. Face à cette « envie immobilière », les politiques publiques ont renforcé le soutien à la demande alors que le contexte d’offre demeurait rigide. La rétention foncière et une dispersion des pouvoirs locaux en matière d’urbanisme et de logement expliquent une partie de cette rigidité. Dès lors, un appui supplémentaire global à la demande par la dépense publique ou l’attraction fiscale conforterait les prix élevés.

 

Pour faire revenir les prix immobiliers à un niveau supportable par les ménages et l’économie, l’actuelle baisse doit être fortement amplifiée par une large stratégie publique courageuse libérant l’offre pour construire davantage. Elle passe par un appui aux collectivités locales constructrices, l’émergence d’un pouvoir d’agglomération pour l’urbanisme, une pression sur les propriétaires fonciers et des dissociations entre la propriété du foncier et celle du bâti. »

CONSÉQUENCES DES PRIX DE L’IMMOBILIER ÉLEVÉS

Les prix de l’immobilier ont un impact négatif sur la compétitivité de l’économie française. En rallongeant la durée de transport, la pression immobilière pèse sur les salariés des entreprises et nuit à leur productivité.

La pression immobilière nuit également au coût du travail, ce qui a eu un effet négatif sur la compétitivité-coût des entreprises françaises.

L’augmentation des prix est davantage subie par les plus pauvres et par les classes moyennes. La part des dépenses liées au logement dans les budgets des ménages les plus pauvres atteint des proportions considérables.

En raison des prix élevés en centre-ville, les ménages cherchant à se loger sont obligés de s’éloigner des centres. Les conséquences environnementales de l’étalement urbain sur les émissions de CO2 sont importantes.