Avantages fiscaux et sociaux, faveurs accordées aux retraités : la Cour des Comptes vient de rendre un rapport sur la Sécurité sociale et recommande de diminuer ou de supprimer les avantages dont bénéficient les retraités pour réduire le déficit public. La préparation de la retraite dès les débuts dans la vie active va devenir de plus en plus indispensable.

LES DERNIERES PRECONISATIONS DU CONSEIL D’ORIENTATION DES RETRAITES

En avril 2010, le Conseil d’Orientation des Retraites préconisait dans son rapport trois types de solutions afin d’arriver à un équilibre du financement des retraites à l’horizon 2020 :

– soit une hausse du taux de prélèvement de 5,2 points par rapport à 2008, ce qui le porterait à 34 points ;

– soit une baisse du rapport entre la pension moyenne nette et le revenu moyen net d’activité de 22 % ;

– soit un décalage supplémentaire de l’âge effectif moyen de départ à la retraite de près de 4 ans, c’est-à-dire un décalage au total de près de 5 ans par rapport à 2008.

Seule la dernière préconisation a été reprise en partie lors de la dernière réforme des retraites, et il ne faut pas croire que cela suffira pour atteindre l’équilibre. Les deux premières préconisations seront forcément appliquées dans les années à venir à savoir : hausse des prélèvements et diminution des pensions. Les actifs d’aujourd’hui travailleront donc plus longtemps, en cotisant plus pour percevoir moins le jour de leur retraite. C’est économiquement inévitable mais politiquement informulable.

LES PRECONISATIONS DE LA COUR DES COMPTES

Pour trouver de nouvelles économies budgétaires et maitriser le déficit public, la Cour des Comptes recommande maintenant au gouvernement de s’attarder sur les avantages des retraités qui représentent un manque à gagner pour l’Etat et la Sécurité sociale de 12 milliards d’euros selon les Echos du 14/09/2012. Elle préconise :

– de supprimer progressivement l’abattement fiscal de 10% concernant les frais professionnels, puisque les retraités n’en n’ont plus;

– d’aligner le taux de CSG appliquée aux pensions de retraite sur celui des actifs (6,6% pour les pensions de retraite et 7,5% pour les salaires);

– de supprimer l’exonération des majorations de pensions pour les parents de trois enfants;

– de limiter les dégrèvements d’impôts locaux (taxe foncière, taxe d’habitation)

Ces mesures très impopulaires seront surement mises en application dans le cadre de réformes à venir de façon plus discrète, et le gouvernement cherchera dans un cadre de justice sociale à faire porter l’effort sur les riches retraités, en préservant les 10 à 20 % des retraités pauvres.

LES PRECONISATIONS DE BON SENS

Plus un seul chef d’entreprise ou profession libérale ne compte sur sa pension pour conserver son pouvoir d’achat lors de sa retraite. Et ce sentiment commence à se développer aussi chez les salariés du privé comme du public.

Il apparaît donc de plus en plus nécessaire de préparer activement sa retraite dès son entrée dans la vie active, en s’appuyant sur des investissements de long terme (15 à 20 ans) dans des actifs tangibles (immobilier notamment).

Il n’y a pas d’autres voies car les pensions seront aussi en France un jour, comme en Italie, non plus indexées sur l’inflation mais sur la croissance, ce qui laminera le pouvoir d’achat des retraités non préparés.